Le Journal International De Victimologie
|
|
|
||||||
The International
Journal Of Victimology
|
@idez-nous à mieux comprendre qui consulte cette page (bref questionnaire anonyme destiné
a la direction du JIDV) |
|
Vous êtes : ■un(e) professionnel (lle) ■ un(e) étudiant(e) ■ une victime ■ un proche d’une victime ■ autre |
Année 2, Numéro 3, Juillet 2004 JIDV.COM N°7
EDITORIAL
|
Création d’une Association Européenne des
Psychologues Sapeurs-Pompiers (AEPSP) |
|
||
|
Par Erik DE SOIR & Marie-Laure CALPE, Erik DE SOIR Président & Fondateur de l’Association Européenne des Psychologues Sapeurs-Pompiers Vice-Président de l’Association de Langue Française pour l’Etude du Stress et du Trauma ECOLE ROYALE MILITAIRE Département des Sciences du Comportement Centre pour l’Etude du Stress et du Trauma 30, Avenue de la Renaissance B-1000 BRUXELLES Belgique Consultez également http://www.jidv.com/aepsp.htm |
|||
|
Les 4 et 5 juillet 2003 ont eu lieu les 1ères journées de l’Association Européenne des Psychologues Sapeurs-Pompiers au Centre d’Etude du Stress et du Trauma (Ecole Royale Militaire, Bruxelles). Depuis lors, deux autres rencontres de cette jeune association ont été organisé avec un succès grandissant ; la deuxième journée a été organisé à la Maison des Sapeurs-Pompiers de France (Paris) et la troisième au Centre de Secours à Villeneuve d’Ascq (Lille). L’objectif principal de l’Association Européenne des Psychologues Sapeurs-Pompiers – European Association of Fire & Rescue Psychologists (AEPSP – EAFRP) est de rassembler les professionnels responsables de la prévention en matière de stress opérationnel auprès des sapeurs-pompiers et des intervenants psychosociaux qui tentent d’apporter un soutien psychologique aux acteurs de terrain des services de secours. La base fondamentale de cette démarche envers les membres des services de secours devra être l’expérience et la crédibilité de terrain des intervenants psychosociaux telle qu’elle existe au sein des forces armées belges où des Conseillers en Opérationnalité Mentale (tous, psychologues et officiers de troupe) tentent d’assurer le bien-être psychosocial des militaires en opération. Plus que jamais, durant l’été 2003, nous avons vu l’importance de la solidarité entre combattants du feu au niveau national, européen et international. Plusieurs milliers de kilomètres carrés de forêts (Espagne, France, Italie, Portugal, Suisse…) sont partis en fumée après avoir défiés pendant des semaines les sapeurs-pompiers, laissant ces hommes et femmes à bout de forces! Il est impossible de contester l’impact psychologique d’un tel duel de par son ampleur, sa durée et ses conséquences humaines – dont e.a. la mort de trois collègues français dans le Var! Personne n’est à l’abris de développer un trouble psychologique, suite à la confrontation avec des événements traumatogènes, pas même un sapeur-pompier entraîné et conscient de la pénibilité de son métier, de nombreux facteurs sont aussi à prendre en compte (professionnels, personnels, familiaux,…). Comme il est impossible de penser, d’imaginer que les interventions quotidiennes (incendies, accidents de la circulation, confrontation à la mort,…) n’ont pas de répercussions sur le psychisme des sapeurs-pompiers, des ambulanciers et des acteurs de l’urgence. Le cerveau humain ne fonctionne pas toujours aussi bien que le matériel ! L’émergence de certaines images choquantes, potentiellement traumatisantes ne se maîtrise pas complètement. Et par conséquent, ces images peuvent devenir une source de stress traumatogène pouvant aller jusqu’au développement d’un traumatisme psychologique chronifié - cf. l’Etat de Stress Post traumatique comme décrit dans la nosographie américaine et appelé Post Traumatic Stress Disorder ou PTSD dans le monde Anglo-saxon - plus connu sous le terme de névrose traumatique en France. L’AEPSP centre son action sur la problématique du stress chez les intervenants du terrain de l’urgence, à savoir : sapeurs-pompiers, ambulanciers, médecins et infirmiers (-ères) urgentistes, membres d’équipes d’identification de corps, maîtres-chiens pisteurs, sécurité civile, patrouilleurs d’autoroutes, etc. Pour essayer d’aboutir à des solutions de prévention et de soutien, l’AEPSP se fixe plusieurs objectifs. Ses membres sont psychologues et/ou psychothérapeutes, et ont pour la plupart une formation de sapeur-pompier et/ou d’ambulancier eux-mêmes. Ils témoignent tous d’une réelle préoccupation des conséquences psychologiques de ce métier sur les hommes et les femmes qui ont choisis de l’exercer. Ils sont donc tous « intervenants de terrain » avec une qualification professionnelle dans la santé et l’hygiène mentale. L’AEPSP rassemble des psychologues de terrain qui ont pour objectif d’apporter un premier soutien psychologique – appelé plutôt soutien opérationnel - au moment de l’intervention, de repérer, d’aider un sapeur-pompier et/ou ambulancier qui pourrait être en difficulté face à l’intervention pour diverses raisons (physique, fatigue, prise de risque, exigences émotives et mentales, contraintes temporelles, etc). Les objectifs des l’association sont donc : 1) la création d’un collectif européen et d’une collectivité visant la reconnaissance de l’expertise du « psychologue de terrain » ; et, 2) la mise en place d’un forum favorisant un échange d’expériences, une confrontation internationale de pratiques et une action au niveau des formations capacitantes (par rapport aux interventions dans le stress et le trauma). Le soutien psychologique qui devra être apporté devra reposer sur certains principes de base. Les maîtres mots des psychologues sapeurs-pompiers sont : espoir, respect, engagement & implication, réflexion, exécution et connexion. Ces mots clés sont issus d’un travail de brainstorming du groupe de psychologues sapeurs-pompiers, dont la plupart sont des « soldats du feu » et/ou ambulanciers, ayant participé aux premières réunions de l’AEPSP (Bruxelles, Paris, Lille). Ces mots nécessitent une réflexion plus approfondie afin de clarifier
l’importance du travail de « psychologues de terrain » Par
espoir, nous voulons dire, l’espoir de pouvoir assurer un
accompagnement lors de moments difficiles de nos collègues sapeurs-pompiers
et ambulanciers, pendant ou après les opérations de secours sur le terrain.
Et, l’espoir que ce soutien opérationnel puisse venir de collègues
professionnalisés dans le domaine du stress et du trauma. Par respect, nous voulons dire, respect autant pour le travail que pour notre esprit d’intervenant de terrain, que pour notre camaraderie et nos relations amicales intenses ; respect pour notre vocation de venir à l’aide à autrui et pour nos expériences de terrain ;, souvent minimisées, mais qui valent souvent tellement plus que les expériences universitaires et/ou médicales de ceux qui sont censés venir nous aider lors de moments difficiles. Par engagement & implication, nous entendons l’engagement
de fournir un cadre correct dans lequel la préparation mentale et physique,
le soutien proprement dit et le suivi post-opérationnel peut prendre
lieu aux niveaux pré-opérationnel (sensibilisation,
formation, création de structures, e.a.), peri-opérationnel
(soutien de terrain, interventions immédiates) et post-opérationnel
(interventions post-immédiates, suivi, long terme,
remémorations). Par de la réflexion, nous voulons offrir une réflexion et un
échange académique sur le travail de terrain assurant la qualité des
interventions. Concrètement, cela veut dire participer activement aux
journées d’études et/ou colloques sur la gestion de crise et les congrès
annuels des différentes fédérations de sapeurs-pompiers. Par exécution, nous entendons traduire et mettre en application
des références théoriques en stratégies et tactiques de terrain, être
disponibles pour une aide concrète lors de situations de catastrophes ou
d’accidents majeurs. Par connexion, nous voulons dire, aider à re-mobiliser, re-sourcer, re-connaître et re-connecter
les intervenants-impliqués lors de situations
d’exception, d’accidents de grande envergure ou de catastrophes majeures. Les membres effectifs de l’AEPSP sont tous des psychologues qui satisfont aux conditions suivantes : ils ont
un niveau d’étude qui est celui du Bac +5 (Master en Psychologie) ; ils sont rattaché à un corps de sapeurs-pompiers en tant que
sapeur-pompier psychologue ou expert sapeur-pompier, ou ils sont mandaté par
la collectivité pour le soutien opérationnel des services de secours ; ils satisfont aux
exigences stipulés dans le règlement interne de
l’association ; ils sont membre d’une
association académique ou d’une société savante dans le domaine du stress et
du trauma (ALFEST, AFORCUMP, ISTSS, ESTSS, e.a.) ; ils remplissent une
fiche de renseignements (http://www.jidv.com/aepsp.htm
); Ils souscrivent
explicitement la déclaration de mission de l’association ; et, ils justifient d’une
formation théorique et pratique (reconnue par le bureau de l’association)
concernant la victimologie, la psychotraumatologie et/ou le bien-être de
l’intervenant. Nos psychologues théoriciens se focalisent donc sur la recherche dans le domaine des catastrophes et de l’urgence, et le rassemblement des informations, publications sur le stress existantes au niveau européen afin d’essayer de trouver les plus pertinentes. Le rôle de ces psychologues est aussi de dispenser des informations sur le stress (les sources ; les effets physiques, physiologiques, psychologiques ; les conséquences) afin de l’identifier et de le prévenir au maximum. Pour l’AEPSP, le psychologue sapeur-pompier est
avant tout un collègue auprès des intervenants de terrain, formé à
l’intervention de crise psychosociale pendant et immédiatement après les
opérations de secours. En tant qu’intervenant psychosocial il est le facilitateur-médiateur-négotiateur qui aide à créer les
conditions favorisant la « résilience de terrain » des intervenants
impliqués en cas de crise ou lors interventions traumatogènes. En tant que conseiller en opérationalité mentale et spécialiste des sciences du comportement, il assiste le commandement dans la prise de décision lors de situations d’exception ou de crises majeures. Il assure la mise en place d’un dispositif de soins pour la prévention primaire, secondaire et tertiaire de traumatismes psychologiques. Nous sommes conscients qu’il est souvent impossible de prévenir un traumatisme psychologique mais nous sommes persuadés que l’information et la psycho-éducation en matière de gestion d’événements traumatogènes peut permettre d’agir plus rapidement (reconnaissance de ses propres difficultés, reconnaissances de certains difficultés chez un collègue,…) et d’ainsi minimiser les effets néfastes. Nous souhaiterions surtout que notre association soit avant tout un lieu de rassemblement, d’échanges d’expériences, de discussion, d’écoute, d’échange d’informations et de réflexion (sur ce qui pourrait être amélioré au niveau du soutien psychologique à apporter aux sapeurs-pompiers, aux ambulanciers et aux acteurs de l’urgence européens) pour les psychologues eux-mêmes qui actuellement rencontrent des difficultés de communication et de documentation en ce qui concerne la bonne pratique de l’accueil psychosocial de crise. Si faire partie de notre association vous
intéresse, nous vous demandons de bien vouloir remplir la « fiche de
renseignements » disponible sur le site Internet de l’AEPSP (http://www.jidv.com/aepsp.htm
) au sein du site Internet du Journal International de Victimologie (www.jidv.com) et de nous l’envoyer à l’adresse
suivante : Erik.De.Soir@rma.ac.be |
|||
|
|
|||
©Copyright 2002 – 2004 - Tous
droits réservés - Journal International De Victimologie