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Anne 4, Janvier 2007 JIDV.COM N”14
ARTICLE
Rpercussions psychopathologiques de la seconde
guerre mondiale sur la troisime gnration
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Ē Quand on a vcu parmi les morts, quand on a connu la mort, comment dire quÕon est un revenant ? Č (Boris Cyrulnik, 2003.)
ĒUn dire enterr dÕun parent devient chez lÕenfant un mort sans spulture. Ce fantme inconnu revient alors depuis lÕinconscient et exerce sa hantise en induisant phobies, folies, obsessions. Son effet peut aller jusquÕ traverser des gnrations et dterminer le destin dÕune ligne. Č (Abraham et Torok, 1996).
Si le soixantime anniversaire de la libration des camps fut un sujet rcent sujet dÕactualit, encore peu de travaux aujourdÕhui, en France, traitent de la transmission du traumatisme sur les descendants de survivants. Quels sont les effets et lÕimpact de la violence transmise, dans la dynamique familiale, sur la structure de la troisime gnration ?
ĒLÕimpossible dire Č des survivants (reprsentation de mots), est devenu Ē impossible penser Č (reprsentation de choses), la seconde gnration du fait de la violence et de lÕintensit de leurs traumatismes rests tus. Toute symbolisation langagire demeurant impossible, du fait de lÕinavouable torture vcue demeure encrypte, a conduit les survivants au silence, bien souvent. Les traces psychiques sont dcrites par la seconde gnration comme tant un hritage silencieux et pesant,(N. Fresco, 1981). Et selon Abraham et Torok (1996), Ē le travail du fantme est intimement li la dfinition de Freud de la pulsion de mort Č. Afin dÕillustrer un des cheminements possibles de la pulsion, J. Kestemberg (1983) parle du mcanisme de Ē transposition Č o le moi des enfants de traumatiss met en scne le thme principal de Ē survie Č qui envahit les fonctions adaptatives et dfensives. LÕenfant de survivant sÕaccapare les faits passs et tend les revivre dans lÕactuel, les survivants Ē confiant Č leurs enfants une part de leur fonction psychique ractionnelle au traumatisme, tentant de revivre les vnements afin dÕessayer de les matriser. Et Lebovici (1983) nomme Ē enfant mandat Č, lÕenfant de survivant ne pouvant au risque dÕveiller gravement sa culpabilit, se soustraire la fonction de Ē rparation Č et dÕ Ē annulation de deuil Č que lui confrent ses parents. LÕindividu humain se construisant, en effet, au travers un systme dÕidentifications successives, donnant accs des modalits de reprsentation de soi, o en est le processus dcrit, rpercut sur la seconde gnration, (H. Epstein, 1979). AujourdÕhui, comment ragit la troisime gnration ?
Rbecca
Rbecca, vingt et un ans, est la petite fille de deux grands-parents survivants dÕAuschwitz qui retrouvrent leur premire fille cache ge de trois ans leur retour, elle dcdera lÕge de dix sept ans.
La mre de Rbecca, seconde fille du couple survivant, a toujours tenter de Ē faire taire Č sa famille lorsque celle ci commenait parler dÕAuschwitz. Petite, elle nÕcoutait pas ses parents survivants : Ē tout sortait Č et le fait que Rbecca, sa fille ane, aille voir ses grands-parents trs souvent, leur parle tant des sujets quÕelle-mme nÕa jamais pu aborder, lÕtonne. Au retour dÕun voyage Auschwitz, Rbecca essaie de faire lire sa mre ses crits afin de la soulager mais ne parvient pas lui parler : Ē JÕai essay d'en parler ma mre parce qu'elle m'a pose une ou deux questions. JÕai crit pendant le voyage. Quand elle a eu fini de lire mes crits, elle m'a dit qu'elle tait soulage, que finalement le dbut de mes lettres tait bien plus angoissant que la fin, et que a l'avait rassure de voir que j'avais pu changer ma vision des choses, et russir me sortir de l'angoisse que je m'auto-crais. Peut tre va t-elle finir par faire le voyage elle aussi Č.
Les ractions tonnes de sa mre, lorsquÕelle va voir ses grands parents renforcent son dsir de sÕapproprier lÕhistoire de ses grands-parents, avec lesquels elle vit un lien particulirement riche quÕelle dcrit comme tant Ē un privilge Č. Elle exprime aussi le dni vital de sa mre vis vis de ses parents :
Ē Elle tait oblige. Elle ne pouvait pas rentrer dans la survivance des camps et de la mmoire, Elle ne sÕen serait pas sortie. Donc, elle a fait le rejet compltement de a. Je pense quÕelle sÕest protge. Č.
Rbecca a dfinitivement abandonn les croyances religieuses de son pre pour finalement nÕtre plus croyante, comme ses grands-parents, aprs leur retour de dportation et le deuil de leur enfant cache. Rbecca est totalement habite par le traumatisme des deux survivants auxquels elle est infiniment lie voire confondue.
La prsente recherche illustre par lÕexemple de Rbecca, interroge le lien transgnrationnel (reprsentation de lÕaeul survivant au fil des gnrations), et tente dÕapprofondir, lÕhypothse dÕune Ē parentification Č mise en place la troisime gnration, ayant comme fonction principale, le r-quilibrage des frontires entre les gnrations. Le Goff (1993) a dfinit la parentification comme tant Ē un processus conduisant un enfant ou adolescent prendre des responsabilits plus importantes que ne le voudraient son ge et sa maturation, dans un contexte socio historique prcis, le conduisant devenir le parent de ses parents. Ce processus implique plusieurs gnrations et plonge ses racines dans les gnrations des grands-parents, pouvant affecter les gnrations venir Č. Une identification spcifique est dcrite, du fait dÕune ambivalence dÕautant plus difficile surmonter quÕelle est indfinie, et ce lien transgnrationnel semble perturber la qualit du refoulement oedipien. Quel destin parcourent leurs pulsions ? A quel support (objet interne), quel type dÕidentification ont - ils recours pour btir leur identit ?
Fonction des fantmes
Ē Je marche en frissonnant parmi ces fantmes, essayant de ne pas les toucher ; malgr moi, pourtant, je me heurte eux. On dirait quÕeux mme ne cherchent pas mÕviter, quÕils veulent, au contraire, me voir de prs ; ils souhaitent que quelquÕun sÕoccupe dÕeux peut-tre Č. (J.C. Snyders, 2003).
Le concept de Ē fantme Č est dfini par Abraham et Torok (1996), comme tant Ē un processus inconscient, rsultant du passage de lÕinconscient dÕun parent celui de lÕenfant Č. Sa fonction est diffrente de celle du refoul dynamique o le conflit r apparat sous forme dguise, symbolique (symptmes, actes manqus, lapsus). Elle se manifeste par son retour compulsif, priodique sous forme dÕobjet obsdant, et sÕoppose lÕintrojection libidinale, cÕest dire lÕapprhension des mots en tant quÕils impliquent leur part dÕinconscient. Au fil des gnrations, Ē le travail du fantme poursuit dans le silence son Ļuvre de dliaison, et son apparition traduit les effets sur le descendant de ce qui avait eu, pour le parent, valeur de blessure, voire de catastrophe narcissique Č. Or, cette Ē lacune du dicible Č semble transformer la structure du sujet. La transmission psychique transgnrationnelle concerne les objets irreprsentables, les imagos, autrement dit le ngatif de lÕhritage sous forme de secrets, de non-dits. Comment, en effet, mettre en mots lÕinnommable ?
Topique de la crypte
Ē Ce lieu quÕil traverse, il ne pourrait le dcrire [...] Il suit son chemin dans lÕombre, agissant lÕinverse de ce que font les autres, de ceux qui marchent environns de lumire... Č (J.C. Snyders, 2003)
Le psychisme, nÕayant pu sÕapproprier lÕvnement, Abraham et Torok (1996) considrent que lÕinclusion se fait dans le moi sous la forme dÕune incorporation, (inclusion magique et non progressive des penses, images, affects, de situation traumatique). En consquence, le refoulement nÕest pas dynamique, cÕest dire sous forme dÕun va et vient entre narcissisme et relation dÕobjet, mais conservateur, cÕest dire lÕvnement est refoul une fois pour toutes. Alors, dÕun point de vue topique, on a affaire la Ē crypte Č, le lieu du refoul conservateur. CÕest au Moi de lÕenfant que revient la fonction de gardien du cimetire. Le pass traumatisant familial est l, prsent dans le sujet, comme un bloc de ralit.
A la troisime gnration, ces objets sont transmis tels quels, ils nÕont pu tre intgrs par les traumatiss, ni par leurs enfants, et deviennent omniprsents. Rbecca est stimule et dsire se reprsenter, allant jusquÕ sÕapproprier le traumatisme, parfois questionne par trop de silence ou dÕinterdits autour de lui. Elle en dcrit lÕomniprsence : Ē Je crois que jÕaimerais un peu entendre des choses auxquelles ils nÕont mme pas rflchi, par exemple des questions que je me suis poses. Je crois que ces questions l, elles ne leur ont mme pas travers lÕesprit. Mes Grands-Parents, je ne sais mme pas sÕils se sont dj demands a : Si eux, ils ne font que survivre ou si finalement, ils ont russi vivre et ne pas pouvoir ressentir ce quÕils ont eu, continuer de vivre et ne plus souffrir. Mais finalement, jÕy pense tout le temps. Quand jÕai commenc un autre sujet, a revient tout le temps ! CÕest toujours la mme question ! CÕest a, jÕai une obsession Č.
Une culpabilit primaire
Rbecca est, dÕautre part, attire par les secrets prgnants, dveloppant en elle curiosit et perplexit ; mais elle se culpabilise de sa curiosit : Ē Mes grands-parents nÕen en parlaient pas parce que ma mre ne voulait pas quÕon en parle, mais maintenant oui, ils mÕen parlent mais je culpabilise de les faire parler, ce nÕest pas parce quÕelle ne voulait pas en parler, mais cÕest que cÕest tellement fort quÕils nÕarrivent mme plus manger quand ils en parlent. CÕest physique, je culpabilise de les pousser trop Č.
Lorsque, souvent, Rbecca va voir ses grands-parents, les ractions culpabilises de sa mre semblent renforcer le dsir de Rbecca sÕapproprier lÕhistoire traumatisante. LÕenfant mandat (Lebovici, 1983), est tonne des questions sa mre :
Ē Ma mre a lÕimpression que moi, je pense quÕelle ne sÕest pas occupe dÕeux, je ne sais pas, cÕest quand mme bizarre quÕelle nÕaime pas que jÕaille les voir. A chaque fois que je rentre par exemple, elle me dit toujours : - mais pourquoi tu vas chez eux ? Tu as lÕimpression quÕon ne sÕen occupe pas ? - Č
Objet de lÕidentification
La stimulation des petits enfants de survivants semble, non seulement dirige vers lÕaeul, mais tout autant vers Ē autre chose Č en lÕaeul : Rbecca confirme les points de vue dÕH. Faimberg (1988), dfinissant lÕobjet de lÕidentification comme tant historique et appartenant une gnration antrieure. LÕidentification de la troisime gnration tudie, inclut dans sa structure, des lments fondamentaux de lÕhistoire interne de lÕobjet dÕidentification, cÕest--dire la dportation et non pas seulement lÕaeul.
H. Faimberg nomme ce type dÕidentification, dcrit par Rbecca, condensant trois gnrations, le Ē tlescopage gnrationnel Č. Selon Eiguer (1997) lÕobjet transgnrationnel est dfini comme tant Ē la reprsentation dÕun objet investi par le sujet, mais aussi du lien de cet objet son objet interne Č.
Mcanismes dÕidentification
JÕai t, par ailleurs, frappe, dans le discours des petits enfants de survivant, dÕune part du surinvestissement de lÕaeul, mais aussi du rcit du traumatisme qui nÕest pas le leur, racont comme sÕils lÕavaient eux-mmes vcu. Une confusion temporelle et spatiale gnrationnelle continue dÕagir, une sensation que Ē lÕombre de lÕaeul se rincarne, dans la personne mme du descendant Č (Abraham et Torok, 1996). A la seconde gnration, N. Zajde (1996) parlait de Ē mimtisme Č, au lieu dÕidentification, et Kestemberg (1983) de Ē transposition Č, dcrivant le fait que lÕenfant de survivant sÕaccapare les faits passs et tend les revivre dans lÕactuel.
Le processus dÕidentification est diffrent, la troisime gnration. A couter Rbecca, Ē un fantasme dÕempathie identificatoire Č (Abraham et Torok, 1996), accompagn dÕun dsir dÕappropriation du traumatisme colore son discours, lorsquÕelle dcrit son lien ses grands-parents : Ē Des fois je me suis dit : Tout ce que je fais, cÕest survivre Mais je ne sais pas si cÕest par rapport a. Moi je crois quÕen fait, je ne suis pas assez enfin... je ne me trouve pas assez contamine par eux, cÕest--dire, que je voudrais... voil ! Je voudrais presque avoir pu tre euxČ.
Rbecca exprime sa propre identification, fonde sur la volont de se mettre dans une situation traumatique identique celle de ses grands-parents. Le statut de lÕidentification endocryptique est confirm avec Rbecca, dfini comme tant Ē un mcanisme consistant changer sa propre identit contre une identification fantasmatique la vie dÕoutre tombe de lÕobjet Č (Abraham et Torok,1996)
Ainsi, les petits enfants de survivants rencontrs, utilisent un mcanisme de dfense spcifique, du fait dÕune ambivalence dÕautant plus difficile surmonter quÕelle est indfinie. Rbecca sur-investit ses aeuls, sÕidentifiant dÕavantage eux, ainsi quÕ leurs traumatismes incorpors de faon cannibalique, (plutt quÕ ses parents). LÕidentification de Rbecca, teinte de masochisme, intgre des lments de lÕhistoire traumatique de ses aeuls, et semble la conduire viter la confrontation oedipienne : ŅJe me dis : heureusement quÕil y avait mon pre ! Le jour o je me suis vraiment aperue que je nÕtais pas croyante, a a t dur de lÕaccepter. JÕai toujours t la synagogue, jÕai toujours fait les ftes, enfin je les ferai toujours et jÕaimerai toujours a. Mais je ne les fais pas pour a. a, cÕest dfinitivement fini. a a t a qui a t difficile grer. Č
Si la place symbolique du pre de Rbecca est mise lÕpreuve, (elle a abandonn les croyances religieuses inculques), il en est de mme pour lÕidentification sa mre : Ē Non, je ne veux pas lui ressembler. Mes grands-parents ont pu investir leur fille rcupre, mais ils nÕont plus pu aimer leur fille vivante. Il nÕy a pas longtemps, ils sont alls faire une confrence, dans lÕcole o tait ma tante et o enseigne ma mre, les professeurs les ont compliment au sujet de ma mre : Ils ne sÕy sont pas du tout intress, ils ont parl rellement dÕautre chose. Č
En consquence, lÕidentit de Rbecca sÕentend inconsciemment comme le Ē moi fantasm de lÕobjet perdu Č cÕest dire les camps nazis, mais aussi lÕenfant cach, dcd des survivants. Ce double traumatisme, chappant, de par son caractre indicible, tout travail de deuil, a imprim tout le psychisme de Rbecca, une modification occulte. Rbecca sÕinscrit dans un processus identificatoire endocryptique, sÕidentifiant finalement la Ē lacune du dicible Č de ses aeuls.
Destin de lÕobjet transgnrationnel dans la dynamique familiale
LÕidentification de Rbecca semble inclure, dans sa structure, des lments fondamentaux de lÕhistoire interne de lÕobjet dÕidentification, cÕest--dire la dportation mais aussi le deuil impossible de la fille ane des survivants. Ce mcanisme identificatoire (Ē tlescopage gnrationnel Č,H. Faimberg, 1988), peut conduire lÕenfant se trouver priv de son espace psychique propre, pouvant devenir lÕobjet de ce que le(s) parent(s) nÕa pas accept de sa propre histoire, le(s) parent(s) ne pouvant reconnatre lÕindpendance de lÕenfant sans le har, ne lÕaimer que pour sÕemparer de son identit positive (tout compte fait, dnie par eux).
DÕun point de vue psychanalytique, on se rfre, pour notre exemple, deux concepts freudiens majeurs : le narcissisme (fortement corrl celui de lÕidentification) ainsi que celui du masochisme moral (Freud,1924) o les sujets ne sont pas ncessairement la recherche dÕune position de victime, mais comme tout individu, tentent de sÕidentifier leur famille, pour se construire. Ils ressentent alors la ncessit de se r-inscrire, voire sÕapproprier en partie les traces de leurs aeuls intgrant aussi leur histoire violente, traumatisante. Ainsi, Rbecca a fait le deuil des croyances de son propre pre, pour finalement rejoindre fantasmatiquement le double traumatisme de ses grands-parents maternels : la Shoah et lÕenfant dcd. Autrement dit, Rbecca sÕidentifie lÕun de ses gniteurs, mais plus prcisment celui dont lÕobjet est enfoui dans son moi cliv : sa famille maternelle. Ceci confirme les thories de A. Eiguer (1991), dont je rappelle les bases, avec lÕexemple de Rbecca. LÕidentification de Rbecca, de type narcissique, peut sÕexpliquer ainsi : Rbecca a tout dÕabord investi les investissements de lÕautre : (amour fou et nigmatique de ses grands-parents pour leurs objets internes : les camps, lÕenfant mort), et ensuite sÕest identifie ce narcissisme ltal, incluant en elle Ē porteur du fantme Č et Ē fantme Č. Rbecca illustre ce type dÕidentification absorbant la crypte de ses aeuls. Elle avait crit, avant son voyage Auschwitz : Ē Je ne me voyais plus que comme survivante de la Shoah, je ne me voyais que comme subissant passivement la Shoah, sans pouvoir trouver une issue quelconque, au fait que je n'tais que petite fille de rescaps, je n'avais plus aucun espoir, et je ne vivais plus en tant qu'individu propre, je ne vivais qu'a travers mes grands-parents, je n'tais plus Rbecca, mais j'tais la petite fille de J. et M. German, rescaps de la Shoah... Č, et, de mme, son retour : Ē Je rentrais la maison, moi, moi qui ne croyais ne pas pouvoir revenir des camps. Je crois que je me suis identifie pendant ce voyage aux Juifs de lÕpoque : jÕai eu peur, peur de ne pas revenir. CÕest bizarre : comme si jÕavais t moi-mme en danger de mort ! JÕai dj dit prcdemment que je connaissais Auschwitz avant mme dÕy tre alle, que lÕendroit mÕtait familier. Č
Conclusion
LÕimpensable absorbe sa substance narcissique qui investit lÕobjet (ses grands-parents), mais aussi lÕobjet de lÕobjet (leur double traumatisme enkyst, ayant la particularit de nÕtre pas conscient). LÕincorporation tant un fantasme, ce fantasme dÕessence narcissique, se rfre une topique secrtement maintenue (la crypte), absorbant le manque, et refusant lÕintrojection (fin la dpendance objectale). La parentification mise en place la troisime gnration peut tre dfinie par lÕidentification particulire (endocryptique), absorbant lÕobjet transgnrationnel devenu premier organisateur du groupe familial (Eiguer, 1997), sous forme dÕun sur-investissement narcissique, mettant dfaut la rsolution oedipienne.
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