JIDV 6 (Tome 2, numéro 2 - Avril 2004)
Auteurs
BAUBET, T. (1), ABBAL, T.(2), CLAUDET, J.(3), LE DU, C. (4), HEIDENREICH, F. (5), LEVY, K. (6), MEHALLEL, S. (7), REZZOUG, D. (4), STURM, G. (3), MORO, M.R. (8) [France]
(1) Psychiatre, Service de Psychopathologie de l’enfant, de l’adolescent et de psychiatrie générale du Pr MR Moro. Hôpital Avicenne (AP-HP), 125 rue de Stalingrad 93009 Bobigny Cedex, Université Paris 13, (UPRES EA 3409), Médecins Sans Frontières, Paris. E-mail : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. (2) Psychologue clinicien, même service(3) Assistante de service social, même service.(4) Psychologue clinicienne, même service, consultante pour Médecins Sans Frontières(5) Psychiatre, même service, consultante à Médecins Sans Frontières(6) Psychologue clinicienne, même service(7) Psychiatre, même service(8) Professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, même service. Université Paris 13.Mots-clés
Trauma ; Souffrances ; Psychiques ; Asile ; Migration ; Conflits
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a souffrance psychique des populations soumises à des conflits, des situations de violences organisées, des déplacements forcés est aujourd’hui une donnée connue et admise par tous. Nous rencontrons ces patients dans le cadre de notre travail en situation humanitaire (Baubet & al. 2003a et 2003b, Lachal & al. 2003), mais également en France, lorsqu’ils sont en position de demandeurs d’asile. Il faut rappeler qu’il s’agit aujourd’hui de la seule modalité légale pour venir s’établir en France lorsqu’on vient d’ailleurs… Nous rencontrons ces patients à l’Hôpital Avicenne, à Bobigny, dans le cadre d’une consultation transculturelle du psychotraumatisme extrême[1]. Hutus rwandais, Juifs ouzbeks, Algériens kabyles ou arabophones, Congolais du Congo-Brazzaville et de RDC, Indiens sikhs ou du Kerala, Sri-lankais, Ivoiriens, Sierra Leonais, Peuls de Mauritanie, etc. leur histoire témoigne de conflits qui secouent la planète, et dont beaucoup se déroulent dans le silence de la communauté internationale, des conflits invisibles ou oubliés mais toujours actifs et destructeurs. Notre rencontre avec ces patients nous a amenés à nous questionner : la prise en charge des patients demandeurs d’asile présentant des troubles post-traumatiques présente-t-elle certaines spécificités ? Nous soutenons que ces spécificités existent, qu’elles concernent à la fois le vécu pré-migratoire, l’expérience de l’exil, la dimension transculturelle et le vécu post-migratoire, et que leur prise en compte est nécessaire pour le diagnostic comme pour le soin. Nous n’évoquerons pas ici la question importante de la résilience pour nous intéresser aux sujets qui présentent des tableaux de souffrance psychologique avérée.
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