JIDV 7 (Tome 2, numéro 3 - Juillet 2004)
Auteur
DE SOIR, E. [Belgique]
Président & Fondateur de l’Association Européenne des Psychologues Sapeurs-PompiersVice-Président de l’Association de Langue Française pour l’Etude du Stress et du TraumaECOLE ROYALE MILITAIREDépartement des Sciences du ComportementCentre pour l’Etude du Stress et du Trauma30, Avenue de la RenaissanceB-1000 BRUXELLESBelgiqueMots-clés
Débriefing psychologique ; thérapie ; impact traumatogène ; événement traumatique
Introduction
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epuis quelques temps, bon nombre de collègues – psychologues, psychiatres et/ou militaires – en tant que pompiers de terrain – ainsi que les services ambulanciers (entre autre via des contacts électroniques) se posent des questions quant à la prise en charge d’urgence des victimes d’évènements traumatogènes (lire : potentiellement traumatisants). La prise en charge d’urgence à l’aide du débriefing psychologique serait dangereuse, et ferait plus de mal que de bien. Beaucoup d’encre a coulé depuis les publications initiales Mitchell et Everly, depuis la parution de la Cochrane Library britannique, depuis le congrès international Les Débriefings Psychologiques en Question … ?! à Bruxelles, et plus récemment depuis l’article de Van Emmerik et al. en septembre 2002 dans la célèbre revue médicale The Lancet.
L’article de Van Emmerik at al. (2002) dans The Lancet a toutes les caractéristiques d’une recherche scientifique irréprochable, mais n’apprend rien de neuf aux travailleurs de terrain et aux intervenants de l’urgence. Ce type de publication ne fait malheureusement que renforcer les politiques de prudence à l’égard du débriefing psychologique et de la prise en charge d’urgence. Cela amène aussi les chefs de service à douter de l’effectivité de ces deux types d’intervention, alors qu’aucune conclusion définitive ne peut être avec formulée grâce à ce type de recherche. C’est comme si, après dix ans de débat et de controverse, on obtenait une avancée infime sur le plan da la prise en charge d’urgence et du débriefing psychologique. L’article cité ci-dessus contribue à la recherche concernant les single session debriefing – c.à.d. les études évaluant l’efficacité du débriefing utilisé comme antidote au trauma et en session unique – comme si le seul critère utilisant serait d’ailleurs la prévention de symptômes de l’état de stress post-traumatique (Kleber, 2002).
Dans cet article, je voudrais argumenter qu’il est naïf d’imaginer que l’impact traumatogène d’un évènement traumatique peut être diminué ou effacé, ou qu’un traumatisme psychologique peut être prévenu, grâce à une seule discussion de soutien.
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