DOSSIER: GESTION PSYCHOSOCIALE DES CATASTROPHES
JIDV 8 (Tome 3, numéro 1 - Octobre 2004)
Auteur
PsychologueCellule Plan National Psychosocial de Catastrophe, expert pour la Commission Fédérale d’Aide psychosocialeCentre de Psychologie de Crise, Dépt. de Santé Mentale, de l’Hôpital Central de la Base- Reine Astrid, Défense.Mots-clés
Catastrophes ; support spychosocial ; victimes
INTRODUCTION
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eux questions se posent à tout intervenant offrant un support psychosocial aux victimes. Premièrement: ai-je offert le meilleur service (qualité des actions menées) et deuxièmement : mon intervention est-elle efficace (quel est le résultat obtenu) ? Ces deux questions légitimes sont généralement abordées de manière naturelle et subjective, tout le monde cherche à connaître l'impact de ses actions et l'appréciation faite par le "client". Cependant, l'objectivation et la systématisation de ces évaluations sont nettement plus complexes qu'il n'y paraît. En effet, l'intervenant s'intègre souvent dans un processus de soutien psychosocial regroupant différents acteurs et institutions et pour un nombre élevé de victimes.
De plus, évaluer nous renvoie au concept, maintenant classique dans le monde du travail, de Qualité (du genre Total Quality management, normes ISO). La Santé publique et le secteur de la santé mentale en particulier n'échappent plus à ce concept de qualité de service rendu. Le monde de l'humanitaire (UNHCR[i], MSF, Handicap International, CICR) et nombre d'ONG[ii] mènent une réflexion sur la qualité des services offerts et sur la pertinence ou non des critères permettant de développer des programmes de soutien psychosocial ou de santé mentale.
Deux publications récentes de la revue Stress et Trauma, approchent la problématique de l'évaluation des actions de soutien psychologique voire psychiatrique lors d'interventions de crise dans le cadre des actions menées par les CUMP.
Le premier dresse notamment le bilan des interventions suite aux inondations du Tarn-Sud (M.Passamar, B. Vilamot, O. Tellier)[iii]. Travail de bilan remarquable par sa pertinence dans le relevé des multiples facteurs influant sur les actions des CUMP lorsque les conditions de travail deviennent complexes.
Le deuxième concerne directement notre propos et s'intitule : "Comment évaluer les effets différés des interventions des Cellules d'Urgences Médico-Psychologiques ? » (R. FRANC et Coll.)[iv]. Ce dernier pose clairement le problème de l'évaluation de l'efficacité des interventions, où l'absence d'indicateurs fiables pour évaluer laisse libre court soit au fantasme de toute puissance (notre intervention est parfaite), soit au désespoir et à l'impuissance (notre action est dommageable). Nous allons essayer de dégager quelques pistes qui permettent d'approcher les mécanismes d'évaluation de manière un peu plus large et "constructive". Notre souci est de ne pas nuire aux victimes en intervenant, de ne pas survictimiser (et ce quelles que soient les méthodes utilisées ou la philosophie des actions mises en place) et certainement de créer un contexte favorisant le retour à un équilibre sociopsychologique qui permette aux victimes de retrouver leur autonomie. A ce titre les processus d'évaluation doivent faire partie intégrante des structures développées et devenir un des outils de gestion des interventions psychosociales. Par conséquent, l'évaluation de l’efficacité des interventions de soutien psychologique ne peut se résumer au suivi de l'état psychopathologique des victimes.
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