JIDV 12 (Tome 4, numéro 2 - Avril 2006)
Auteur
Psychologue clinicienne ayant collaboré avec Médecins Sans Frontières en Palestine, en Sierra Leone et en Indonésie, Psychologue à la consultation de psycho-traumatisme du Service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent du Prof. Marie-Rose Moro, AP-HP, Hôpital Avicenne, Bobigny
Mots-clés
Indonésie ; victime invisible ; catastrophe ; soin psychothérapeutique
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e 4 décembre 1976 Hasan Di Tiro, leader du GAM (le Mouvement pour un Aceh Libre) proclame unilatéralement l’indépendance de la province d’Aceh qui se situe à l’extrême occident de l’archipel indonésien sur l’île de Sumatra. L’insurrection est matée par l’armée qui va garder la main mise sur la province pour les vingt neuf années qui suivent. L’armée indonésienne (TNI) est un corps constitué qui s’est arrogé une grande autonomie au sein des instances du pouvoir. Elle jouera dans la province d’Aceh de toute sa force, celle que lui procurent les armes bien entendu mais elle étoffera ses moyens bien au-delà des « strictes lois » de la guerre. Au cours des trois décennies qui nous séparent de 1976, la province sera traversée par des pics de violence. Toute la décennie 90, Aceh sera déclarée zone d’opération militaire. La levée de ce statut ne sera que provisoire puisqu’en mai 2003, après l’échec des premières négociations de paix entre GAM et TNI, la loi martiale est proclamée. L’accès de la Province est de nouveau interdit à tout visiteur étranger. A la veille du tremblement de terre de décembre 2004, les forces du GAM (qui n’ont jamais excédé quelques millier d’hommes et de femmes) sont réduites à quelques centaines, retranchées en petites unités autonomes dans les montagnes couvertes de forêt ; face à elles cinquante mille militaires et policiers.
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