JIDV 13 (Tome 5, numéro 1 - Octobre 2006)
Auteure
Psychologue clinicienne, Médecins Sans Frontières, 8 rue Saint Sabin, 75011 ParisMots-clés
Nord-Coréens ; victimes de guerre ; traumatismes ; terreur
Préambule
Contexte et mise en place du programme de Médecins Sans Frontières en Corée du Sud
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e fait que Médecins Sans Frontières ait ouvert en août 2003 une mission médico-psychologique à Séoul auprès des réfugiés nord-coréens peut surprendre : pour quelle raison implanter un projet humanitaire dans un pays développé, pourvu d’un système médical relativement avancé ? MSF fut présent en Corée du Nord, de 1995 à 1998, supposé porter assistance à 7 millions de personnes grâce à 1 100 structures de soin et 40 centres de santé . En septembre 1998, MSF prit la décision pénible de se retirer de Corée du Nord, convaincu que l’aide apportée n’atteignait pas les populations les plus vulnérables. Pire, MSF avait la conviction que l’assistance humanitaire contribuait à renforcer un régime qui oppresse sa propre population (Jean 1998, Jean 1999, Terry 2001). Par la suite, MSF a développé des programmes d’assistance aux réfugiés nord-coréens dans les pays environnants, leur fournissant abris, nourriture et aide médicale d’urgence, ainsi que des distributions alimentaires en Corée du Nord depuis la Chine. L’équipe de coordination, en contact avec les réfugiés tout au long de leur parcours a constaté que leur adaptation en Corée du Sud s’avérait extrêmement difficile . Il s’est avéré qu’un nombre élevé d’entre eux souffrait de troubles psychiques importants liés aux traumatismes subis. Or si le gouvernement Sud Coréen tentait de leur apporter une aide socio-éducative et matérielle, l’absence de soins était flagrante, notamment sur le plan du soutien psychologique. La principale justification de ce programme portait sur le fait que si MSF fournissait une assistance aux réfugiés en Chine et parfois au long de leur parcours entre la Chine et la Corée du Sud, il semblait incohérent de les laisser sans soins une fois arrivés dans le pays d’accueil. Par ailleurs, il nous semblait important de nous engager auprès d’eux en Corée du Sud afin de porter publiquement leur parole .
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