JIDV 13 (Tome 5, numéro 1 - Octobre 2006)
Auteur(s)
(1) Ph.D., Institut de recherche pour le développement social des jeunes.Professeur associée, Ecole de service social, Université de Montréal(2) Professeur, Ecole de service social, Université Laval(3) Ecole de service social, Université Laval
Résumé
Plusieurs études montrent que les mauvais traitements envers les enfants et la violence conjugale coexistent fréquemment au sein des familles. Pourtant, ces deux problématiques continuent d’être abordée dans des contextes organisationnels et institutionnels différents. Parmi tous les acteurs susceptibles d’être interpellés par la concomitance de ces problématiques, les services de protection de l’enfance constituent un acteur de première importance. De fait, les intervenants œuvrant en protection de la jeunesse sont susceptibles d’être appelés à intervenir auprès des enfants maltraités qui vivent en contexte de violence conjugale et leur intervention peut s’avérer déterminante pour le bien-être et la sécurité des enfants et des mères. Cet article présente les résultats d’une étude qualitative auprès d’intervenants et intervenantes de la protection de la jeunesse sur la manière dont ils abordent les liens de concomitance dans leur évaluation et leurs stratégies d’intervention. Il ressort de l’étude que la reconnaissance du fait que les mauvais traitements envers les enfants et la violence conjugale sont souvent enchevêtrés dans les situations familiales des enfants signalés aux services de protection est présente dans le discours des intervenants sur leurs pratiques d’intervention. L’étude permet de montrer que la prise en compte de ces liens soulève toutefois des défis importants pour l’aide aux familles en contexte de protection. Ceux-ci portent sur l’établissement d'un lien de confiance lorsque l'aide n'est pas sollicitée, la conciliation entre les droits des enfants et les intérêts des mères victimes, la responsabilisation et l’implication des pères/conjoints ainsi que la réponse aux besoins des différents membres de la famille dans un contexte où les contraintes organisationnelles sont importantes. Les résultats militent en faveur d’un soutien aux intervenants mieux adapté à la problématique de la concomitance et d’une plus grande concertation avec les organismes spécialisés en violence conjugale.
Mots-clés
Violence conjugale, mauvais traitements envers les enfants, intervention en contexte de protection.






