La transmission de la mémoire de la Shoah est une nécessité dont la prise de conscience publique est désormais relayée formellement par les plus hautes autorités de l’Etat français.
JIDV 20 (Tome 7, numéro 1 - 2009)
Auteur
Psychanalyste, directeur du Pôle Enfance de l’Oeuvre de Secours aux Enfants (OSE)
Résumé
La transmission de la mémoire de la Shoah est une nécessité dont la prise de conscience publique est désormais relayée formellement par les plus hautes autorités de l’Etat français. Si la transmission de la mémoire du crime contre l’humanité est un devoir et une nécessité pour les jeunes générations ; les modalités de sa transmission sont à interroger et à évaluer tant dans la réussite de leurs objectifs que dans leurs possibles effets. Il va de soi aujourd’hui pour la plupart des enseignants et des adultes en charge d’éducation et en particulier dans la communauté juive que les élèves doivent accomplir pour la sauvegarde et la transmission de la mémoire des crimes passés un voyage pédagogique quasi initiatique à Auschwitz. C’est cette évidence parfois érigée en dogme au nom du « devoir de mémoire » que je vous propose d’interroger. L’identification compassionnelle est comme un rituel de passage de l’adolescence. Les voyages dits pédagogiques sur les sites de l’extermination constituent une expérience initiatique à entendre au sens anthropologique du terme dont on ne mesure pas les effets au plan psychique. Ces effets ne sont pas relatés dans la littérature psychiatrique, aucune étude n’a été mené à ma connaissance sur « les effets psycho traumatiques sur les adolescents des voyages sur les sites des camps d’extermination ». Cette étude est aujourd’hui nécessaire et nous proposons de la mener avec une équipe de psychologues.
Mots clés
Transmission de la mémoire de la Shoah ; psycho-traumatisme ; voyages pédagogiques ; identification compassionnelle ; devoir de mémoire ; travail de mémoire.






