Le lieu du soin psychique peut s’avérer être dans d’exceptionnels cas mais qui existent tout de même le lieu d’une victimisation. Prendre soin psychiquement d’un autre n’est pas sans risques du métier.
JIDV 20 (Tome 7, numéro 1 - 2009)
Auteure
médecin, psychanalyste
Résumé
Le lieu du soin psychique peut s’avérer être dans d’exceptionnels cas mais qui existent tout de même le lieu d’une victimisation. Prendre soin psychiquement d’un autre n’est pas sans risques du métier. Je vais me référer dans cet article aux risques de transgression dans la cure psychanalytique avec passages à l’acte de la part de l’analyste, du simple agir à l’acte le plus grave, le passage à l’acte sexuel. Les travaux américains de Gabbard et Lester[1] publiés il y a une dizaine d’années traitent de ces transgressions aux Etats-Unis, en les chiffrant de l’ordre de 10 à 20%. L’expérience de la cure analytique est une expérience humaine unique dans la recherche de la vérité profonde du sujet, mais cette expérience de la découverte de l’inconscient n’est pas sans risques. Lacan a promut le désir d’analyste comme pivot du transfert, dispositif essentiel au bon déroulement de la cure. Cette complexité de notion du transfert, non simplement basée sur la notion de transfert/contre-transfert qu’avait définie Freud, introduit donc le risque de la possible perversion de la situation analytique. Perversion, quand le désir d’analyste ne remplit plus sa fonction de faire barrière à la jouissance, perversion quand cette déroutante découverte de l’inconscient plonge les deux protagonistes dans la confusion, bloquant l’opération analytique, l’effet de coupure permettant la traversée du fantasme pour l’analysant. Bascule totale de la cure analytique du côté du fétiche. Faire circuler la parole pour limiter ce risque d’accidents dans le transfert est la proposition de cet article, car seule la parole contribue au meurtre de la Chose.
Mots clés
Transgression, transfert, inceste psychique, psychanalyse, sexualité infantile.






