Ndejuru, C. [Rwanda, Canada]
JIDV 27 (Tome 9, numéro 3 - Hiver 2011)
Directeur, PAGE Rwanda
Résumé: Dans le présent article, l'association montrealaise Page-RWANDA (parents et amis des victimes du génocide perspetré contre les tutsis au Rwanda), identifie les quatres besoins principaux relevés dans les autobiographies publiées de réscapés vivant au Rwanda ainsi que dans les récits de vie des rescapés vivant aujourd'hui à Montréal, receuillis par Page-RWANDA dans le cadre de l'initiative d'histoire orale de l'université Concordia : Histoires de vie des Montréalais déplacés par les génocides, les guerres et les autres violations aux droits humains. Le premier besoin nommé est la reconnaissance du génocide en question comme étant le « génocide perpetré contre les tutsi du Rwanda ». En second lieu : la justice, bien qu'il s'agit souvent pour les rescapés d'un processus exigeant et même potentiellement re-traumatisant. La réparation vient en troisième place car, même si l'actuel gouvernement rwandais en accepte le principe, sans avoir commis le génocide, aucun fond concret pour la réparation n'a pu être constitué à ce jour. Dernier besoin mais non le moindre est la mémoire : responsabilité sacrée des survivants, elle aide à combattre le négationnisme, et à perpetuer le souvenirs des victimes de génération en génération. En conclusion, l'article mentionne la création du centre montréalais de documentation sur le génocide perpetré en 1994 contre les Tutsi du Rwanda.
Mots clés : Génocide 1994, Tutsi, reconnaissance, justice, réparation, mémoire
Abstract: This article speaks to four needs Page-Rwanda (Montreal's association for families and friends of victims of the genocide perpetrated aginst the Tutsi in Rwanda) has found to be expressed in the published autobiographies of survivors living in Rwanda, and in a growing number of stories by Tutsi survivors now living in Montreal. The latter are collected by Page-Rwanda in the framework of Concordia University's oral history intitiative entitled Life stories of montrealers displaced by genocide, war and other human rights violations. The first need is that the genocide in question be specifically and unequivocably recognized and referred to as 1994's "genocide perpetrated against the Tutsi in Rwanda". Justice is named as second even though it is described as very demanding and potentially retraumatising. Reparation, the third need : has been accepted in principle by the current Rwandan government, a concrete fund for reparation has not yet been created. Last but not least, commemoration is said to be a sacred responsibility for Tutsi survivors to fight negationism, remember the fallen and intergenerational transmission. The article concludes with the creation of Montreal's documentation center on the 1994 genocide of the Tutsi in Rwanda.
Key word : 1994 Genocide, Tutsi, Recognition, Justice, Reparation, Memory
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