JIDV 1 (Tome 1, numéro 1 - Octobre 2002)
Auteur(s)
Consultation Interdisciplinaire de Médecine et de Prévention de la Violence (CIMPV), Département de Médecine communautaire, Hôpitaux universitaires de GenèveCorrespondance : Dr D.S. Halpérin CIMPV Département de Médecine communautaire Hôpitaux universitaires de Genève 1211 Genève 14 - Suisse Tél. +4122-372 96 41 Fax +4122-372 96 45 Internet : http://www.anti-violence.ch/
Résumé
Au-delà de ses dimensions légales et sociales, la violence est aujourd'hui perçue comme un facteur de risque pour la santé. Le présent article se propose de décrire ce risque de manière plus précise en analysant une série d'indicateurs ou de déterminants de la santé dans une population exposée à des événements ou des processus violents. Les données descriptives de ce travail (dont 10 indicateurs de santé) ont été recueillies entre 1998 et 2001 parmi les patients de la Consultation interdisciplinaire de médecine et de prévention de la violence (CIMPV). Cette consultation, intégrée au coeur d'un centre hospitalier universitaire, a pour mandat d'évaluer de manière globale les problématiques de violence vécues par les patients hospitalisés ou ambulatoires. Cette évaluation est proposée à toute personne identifiée comme étant confrontée à de la violence, quels que soient la nature de cette violence et le rôle qu'y joue le patient. La prise en charge comprend, sur le court terme, des éléments de prévention et de soutien et peut conduire à l'orientation du patient vers d'autres structures offrant un appui et un suivi plus longs. L'intervention débute généralement dans la crise ou l'après-crise et elle se poursuit sur quelques jours ou quelques semaines au moyen d'entretiens semi-standardisés. Au cours des quatre premières années de son fonctionnement, la CIMPV a évalué et pris en charge plus de 1700 sujets. La violence domestique a été identifiée comme le motif de consultation le plus fréquent et le plus complexe. Sur la base des 10 indicateurs de santé analysés parmi ces patients, on peut affirmer que ceux-ci constituent une population fortement précarisée sur le plan de la santé physique, mentale et sociale. L'utilisation croissante des prestations de la CIMPV semble indiquer que ce programme pionnier répond à un besoin réel. Malgré la brièveté de la prise en charge, les patients confrontés à de la violence peuvent bénéficier d'une évaluation, d'un appui et d'une guidance spécifiques qui complètent utilement les soins traditionnellement fournis par les services d'urgences médicales.
Mots-clés
Violence ; stress ; santé





