DOSSIER: LES ENFANTS VICTIMES
Nous avons choisi de baser notre corpus sur la violence exercée envers les enfants dans un contexte intra-familiale en présentant les interventions judiciaires reliées à ce type d’infraction. Nous n’aborderons pas la question des indemnités ni celle des services offerts.
JIDV 3 (Tome 1, numéro 3 - Avril 2003)
Auteure
Directrice Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) de Montréal(514) 277-9860 (victimes)(514) 277-5780 (télécopieur)
Point de service Chambre de la Jeunesse : (514) 864-1500Pour le réseau des CAVAC du Québec
Résumé
Nous avons choisi de baser notre corpus sur la violence exercée envers les enfants dans un contexte intra-familiale en présentant les interventions judiciaires reliées à ce type d’infraction. Nous n’aborderons pas la question des indemnités ni celle des services offerts.
Mots-clés
Violence ; enfant ; intra-familiale ; Québec
A |
u Québec, les personnes victimes d’actes criminels ont longtemps été identifiées comme étant les femmes agressées sexuellement ou encore celles victimes de violence intrafamiliale. Aujourd’hui, la situation des enfants victimes d’abus sexuels et physiques se fait des plus préoccupantes. Les cas de violence sexuelle, de mauvais traitements et d’infanticide sont encore trop présents dans les bulletins de nouvelles.
De fait, on dénombre 105 infanticides entre 1986 et 1994 pour le Québec. Au Canada, 22 homicides ont été perpétrés à l’endroit de jeunes âgés de 12 à 17 ans en 1999, ce qui représente 4% de tous les homicides. Les parents étaient responsables de la grande majorité de ces homicides soit une proportion de 67%.
Le nombre d’homicides perpétrés contre des enfants de moins de 12 ans est de 36, représentant 7% de tous les cas d’homicide au Canada en 1999. Au même titre que les jeunes, les membres de la famille ont commis la majorité des homicides contre les victimes de moins de 12 ans. Un parent ou un beau-parent était impliqué dans tous les cas.
Quant aux autres types de violence, on observe qu’au sein des familles les parents sont les auteurs de 56% des voies de fait et de 43% des agressions sexuelles contre les jeunes victimes de 12 à 17 ans. Fait à noter, les pères ont été accusés de presque tous les cas d’agression sexuelle (98%) ainsi que de la grande majorité (71%) des voies de fait. Pour sa part, la fratrie était responsable d’environ 25% des voies de fait et de 26% des agressions sexuelles familiales.
Depuis 1974, au Québec, une loi oblige toute personne à signaler les situations d’enfants victimes d’abus sexuels ou de mauvais traitements physiques. De plus, un protocole d’intervention multisectorielle, mis en application en 2001, témoigne de l’engagement d’un ensemble de professionnels à agir en concertation. Avant d’aborder cette notion d’action en concertation, voyons comment s’est fait l’évolution de la protection des enfants au Québec.
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