Ces dernières années ont été marquées par un accroissement de l’appui donné aux programmes de justice réparatrice.
*Cet article fait suite aux propos tenus par Jo-Anne Wemmers dans le cadre de la seconde conférence internationale intitulée Sentencing and society, tenue du 27 au 29 juin 2002 à Glascow, Écosse.
JIDV 4 (Tome 1, numéro 4 - Juillet 2003)
Auteurs
(1) Professeures à l’École de criminologie de l’Université de Montréal (Québec, Canada) et chercheures régulières au Centre international de criminologie comparée et associées au Centre de recherche interdisciplinaire sur la violence familiale et la violence faite aux femmes (CRI-VIFF)(2) Étudiante de maîtrise en criminologie.
Résumé
Ces dernières années ont été marquées par un accroissement de l’appui donné aux programmes de justice réparatrice. Alors que les défenseurs d’une telle approche indiquent que les programmes l’ayant pour assises permettent aux victimes de remplir un rôle actif et d’obtenir un pouvoir de décision dans le règlement des conflits (Zehr, 1990), une certaine inquiétude se fait jour parmi les défenseurs des victimes, qui craignent que de tels programmes ne fournissent pas à ces dernières une protection adéquate (Reeves et Mulley, 2000). Dans un effort pour protéger les victimes contre la colère de leur agresseur, des procédures les privant de tout pouvoir de décision, telles les politique d’arrestation et d’inculpation obligatoires ou celles les empêchant de retirer leurs plainte ont été introduites pour les cas de violence conjugale. Ces politiques ont aussi été critiquées parce qu’elles enlèvent aux victimes tout pouvoir d’agir (Ford, 1991). Mais que veulent les victimes de violence conjugale ? Quels sont leurs besoins en matière de justice ? Et leurs autres besoins ? Il est important de se demander si les victimes de violence conjugale désirent conserver un pouvoir de décision en regard de leur situation ou si elles préfèrent être protégées et, pour ce faire, remettre volontairement tout contrôle de leur affaire aux agents judiciaires et pénaux. En se basant sur la théorie de la justice procédurale, en tant que structure soutenant leur analyse, les auteures passent en revue les recherches menées sur les besoins et les attentes des victimes de violence conjugale en matière de justice. L’article se termine sur une série de recommandations quant à la poursuite de la recherche et l’instauration d’éventuelles politiques visant, dans le premier cas, à mieux comprendre et, dans le deuxième cas, à mieux répondre aux besoins des victimes de violence conjugale en matière de justice.
Mots-clés
justice procédurale, justice réparatrice, médiation, violence conjugale, besoins des victimes
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