JIDV 15 (Tome 5, numéro 3 - Juillet 2007)
Auteure
Psychologue clinicienne, hypnose éricksonnienne, EMDR, thérapie brève. Psychothérapie en consultation privée, psychologue du programme ASAB, expert en hypnose judiciaire, consultante en psychologie humanitaire ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. )
Mots-clés
Traumatisme ; psychotrauma ; psychique ; accident
Un peu d’histoire
Les premiers témoignages relatifs aux réactions psychotraumatiques datent de deux mille ans avant Jésus-Christ et révèlent la souffrance des Sumériens de Basse-Mésopotamie à la suite de la destruction de Nippur. L’histoire sera ensuite émaillée d’observations ponctuelles de troubles post-traumatiques mais il faudra attendre le début du 19ième siècle pour qu’ils suscitent l’intérêt du monde médical (en 1809, première description d’une névrose traumatique par Philippe Pinel, aliéniste français, dans son traité pour l’humanisation du traitement des aliénés).
La seconde moitié du 19ième siècle verra cet intérêt s’accroître. Les scientifiques français et anglais se penchent alors sur les réactions post-traumatiques manifestées à la suite d’accidents ferroviaires et en 1884, Herman Oppenheim, un neurologue allemand, les regroupe sous le vocable de « névrose traumatique ».
Tout au long du 20ième siècle, l’intérêt pour les troubles traumatiques connaîtra un essor progressif et continu. Les guerres, particulièrement les deux conflits mondiaux ainsi que la guerre du Vietnam, se révéleront un terrain particulièrement fertile d’études théoriques et d’expérimentations pratiques. Sigmund Freud, Pierre Janet, Sandor Férenczi et Otto Fénichel notamment enrichissent les connaissances par leurs réflexions sur les processus psychiques en jeu dans les réactions traumatiques. Ils initient également les premiers traitements psychothérapeutiques (hypnothérapie, psychanalyse), en particulier des séquelles de traumatismes anciens. L’armée, quant à elle, instaure des soins immédiats et la « psychiatrie de l’avant » voit ainsi le jour pendant la guerre russo-japonaise de 1904 -1905. Progressivement, psychiatres et psychologues du monde entier élaborent de nouvelles techniques appropriées tant à réduire les réactions aiguës qu’à prévenir les séquelles à long terme des événements traumatiques. Ils affinent les procédures et les adaptent aux différentes populations de victimes (militaires, pompiers, policiers, victimes d’attentat, de violences sexuelles, de torture, population tout venant, etc.).
Dernier pas décisif du vingtième siècle, en 1980, suite au séquelles traumatiques durables manifestées par les vétérans du Vietnam, le DSMIII , introduit dans sa nosographie un trouble psychiatrique nommé « Post-Traumatic Stress Disorder » et généralement signalé par l’acronyme PTSD (traduit en français par Etat de Stress Post Traumatique ou ESPT). Ce syndrome, bien que largement critiqué et critiquable aura cependant permis de faire connaître la notion de traumatisme psychique à un large public. A mon sens, son plus grand mérite aura été de « normaliser » les réactions post-traumatiques trop longtemps attribuées à une vulnérabilité individuelle et en conséquence, considérées comme l’attribut des faibles.
L’événement traumatique
Freud, en 1920, dans son ouvrage « Au-delà du principe de plaisir », définit le traumatisme comme suit : « Toutes excitations externes assez fortes pour faire effraction dans la vie psychique du sujet ». Le traumatisme est donc un choc émotionnel important, généralement lié à une situation où une personne ou un groupe de personnes a senti sa vie en danger et qui met en péril son équilibre psychique. Ces situations dépassent les capacités de gestion de la majorité des individus. Elles sont « porteuses de sens et vécues comme une rupture et un enjeu : rupture par rapport à la continuité du passé, enjeu comme annonce de changements potentiels importants » .






